Chez Annie et Michel

Chez Annie et Michel

Mon Ange gardien

Mon ange gardien

 

          La vie nous réserve parfois des surprises, en ce qui me concerne un certain nombre d’évènements qui se produisirent à partir du mois de juin 2006, font  que je m’interroge sur la relation qu’il y a entre ces évènements qui s’enchainent et leurs dénouements. Il est difficile de parler de soi, j’ai pourtant ressenti comme une nécessité d’écrire cet article,

 

          Ça commence un matin de novembre 2006 en faisant ma toilette je m’aperçois que j’avais du mal à me servir de mon bras droit qui partait dans tous les sens sans parvenir à le contrôler. Ce trouble qui durait environ 3 ou 4 minutes, mais plusieurs fois dans la journée commença à m’inquiéter si bien que le surlendemain mon médecin traitant étant absent je fis venir S.O.S Médecin qui sans m’alarmer  plus que ça me conseilla d’aller passer un scanner. Le lendemain mon Médecin étant de retour confirme le diagnostic et me fait une ordonnance pour passer ce scanner.

 

          L’examen découvre un hématome sous-dural, en questionnant le médecin radiologue une femme très aimable qui prend le temps de m’expliquer en me décrivant ce qu’est un hématome sous-dural dont je n’avais jamais entendu parler. C’est une poche de sang que l’on a entre ce qu’on appelle la dure-mère qui protège le cerveau et l’os du crane en simplifiant bien sûr, car je ne suis pas expert dans l’anatomie humaine. N’avez-vous pas eu un accident de voiture me dit-elle ? Ou bien n’avez-vous pas reçu un choc sur la tête ? En souriant, je répondis que Non. Le sang comprime un peu votre cerveau d’où vos malaises. Devant mon étonnement elle m’indique que cela n’est pas si grave que ça, car le sang va très vite se résorber mais que ce qui est beaucoup plus inquiétant c’est que l’examen a révélé la présence d’une anomalie au niveau du sinus caverneux, en clair une tumeur. Elle me conseille de passer une IRM, quelques jours plus tard cet examen confirme l’hématome sous-dural, mais surtout fait apparaitre un probable méningiome. Pour faire vite après avoir repassé une autre IRM il s’est avéré que ce n’était pas un méningiome, mais un adénome de l’hypophyse, tumeur bénigne qui est traitée par, chimiothérapie avec un médicament pour l’empêcher de grossir. Je réalisais alors que je l’avais échappé belle, car si je n’avais pas eu cet hématome dont personne ne m’a expliqué la cause, je n’aurais pas passé d’IRM et on n’aurait pas vu cette tumeur qui aurait pu me causer de graves séquelles et peut-être même un voyage sans retour.  Bien qu’aujourd’hui cette tumeur de 2,5 cm de diamètre soit toujours présente dans ma tête, elle est bien contrôlée et ne grossit pas pour le moment. Je me suis dit que mon ange gardien veillait sur moi et que pour prévenir d’une affection plus grave il m’avait provoqué cet hématome qui s’est en effet résorbé en quelques jours. J’avais eu beaucoup de chance.

 

          Si les choses s’étaient arrêtées là je n’en aurais fait aucun cas, seulement voilà, depuis quelques années suite à des troubles de miction mon Médecin me faisait faire tous les ans un contrôle du PSA, ce qui est courant chez les hommes à partir de 50 ans, et il se trouve que depuis 3 ans le taux de PSA augmentait régulièrement, rendez-vous pris chez un urologue qui me propose une biopsie de la prostate. Le résultat est sans appel : vous avez un adénocarcinome de la prostate !  Prit au début l’urologue me conseille une prostatectomie sous célioscopie en me disant que je serais débarrassé. Décembre 2007, une semaine de clinique, me voilà débarrassé de ce cancer. À ce jour, 9 ans après, le PSA inexistant confirme que je suis quasiment guéri. Une fois de plus je constate que j’ai eu beaucoup de chance d’avoir un adénome de la prostate qui m’a alerté à temps, sinon le cancer n’étant pas détecté aurait pu me causer de graves ennuis.

 

          Recevant depuis quelques années les tests Hémoccult, dans le cadre du  dépistage du cancer du côlon, je n’avais jamais consenti à pratiquer ces tests, mais suite à mes deux précédentes mésaventures, je prends la décision de faire ce test en mai 2009. Encore une fois, le résultat du test revient : « Présence de sang décelée dans les matières » R.V chez le gastro-entérologue qui me propose un rendez-vous chez un anesthésiste en vue de faire une coloscopie. Coloscopie terminée, le chirurgien arrive dans la chambre juste avant de quitter la clinique il m’annonce la découverte d'un polype sigmoïde, de 3 cm. Résultat de l'analyse de la pièce opératoire dans 8 jours, mais il ne me cache pas son inquiétude, car un polype de cette taille est très souvent dégénéré, c’est le terme qu’il emploie pour dire qu’il est cancéreux. Une semaine plus tard, « erreur de la banque en votre faveur » au téléphone il m’avoue s’être trompé, car le polype n’était pas cancéreux. Un an plus tard, j’ai refait faire une coloscopie dans le cadre du dépistage, et j’avais de nouveau un polype d’un centimètre qui a été enlevé. Si je n’avais pas fait le dépistage par ce test, je vivais normalement, mais le polype continuait à grossir et j’allais irrémédiablement vers une opération des intestins avec les séquelles qu’on imagine. Qu’est-ce qui m’avait poussé à faire ce dépistage ? Alors que je le refusé depuis plusieurs années ? Étrange coïncidence. Je crois que c’est Descartes qui a dit « à toute chose malheur est bon » cela voudrait dire que le malheur est bon à quelque chose ? Je ne pense pas personnellement que ça soit un malheur d’être prévenu d'un événement, on dit aussi « un homme prévenu en vaut deux » pour moi mon ange gardien ou ma bonne étoile, allez savoir ! ils y sont pour quelque chose.

 

          Juillet 2010, suite à des fourmillements dans une jambe, j’en parle à mon Médecin qui me fait faire une IRM du rachis lombaire, découverte fortuite d’une petite formation de 5mm sur une racine de la queue de cheval du côté gauche, à hauteur de L2-L3 (vraisemblable Schwannome). Où neurinome qui en grossissant me causera surement des problèmes, mais en attendant comme elle est de petite taille j’ai le temps de me retourner et de mettre cette tumeur sous surveillance.

 

          L’histoire continue encore et encore, le 28 juin 2011, je vais à l’Hôpital haut-l’évêque pour passer une IRM de contrôle  pour la surveillance de mon macroprolactinome de l’hypophyse. Après l’examen, le Médecin radiologue demande à me voir et me déclare ceci : votre tumeur de l’hypophyse est bien contrôlée et reste stationnaire, mais je dois vous avertir que j’ai découvert la présence d’un neurinome vestibulaire, il faut consulter un ORL. La description est édifiante : voici un copier/coller du compte rendu de l’IRM « Au niveau de l'encéphale, présence d'un processus expansif semblant extra axial, situé au niveau de l'angle ponto cérébelleux droit, venant infiltrer le conduit auditif interne en contact étroit avec le paquet acoustico facial. Cette lésion apparait en net hyper signal T2, hypo signal T l se rehaussant intensément après injection de produit, elle mesure 18 mm de hauteur ». Texte inintelligible pour moi, en clair, j’ai une tumeur sur le nerf acoustique. Encore une tumeur bénigne, mais qui peut me tuer si elle grossit. J’ai été prévenu de la présence de ce neurinome deux fois, d’abord par l’IRM, et ensuite comme je n’entendais presque plus de l’oreille droite, je m’apprêtais à consulter un ORL, sinon aucun autre signe de cette présence, pas de douleur, ou gêne quelconque.

 

          L’ORL confirme la présence de ce neurinome qui est également une tumeur bénigne (bénigne) ce terme m’amuse beaucoup quand on sait que si cette tumeur grossit elle vous tue tout simplement, il m’envoie vers un symposium de plusieurs Professeurs Neurochirurgiens qui décident de votre sort. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, la petite taille de la tumeur me laisse encore le temps d’envisager soit une chirurgie ou des rayons, mais peut-être pas pour tout de suite.

 

          Mais là encore mon Ange gardien me prévient à temps, car si je ne passe pas cette IRM on ne découvre pas la nouvelle tumeur qui grossit régulièrement et comme il n’y a pas tellement de place dans la tête elle finit par mettre un terme à ma retraite.

 

           À ce jour un traitement chirurgical se révélant impossible ou très risqué à cause de mon âge des séances de  radiothérapie pour réduire cette tumeur m’ont été prescrites, 30 séances durant 6 semaines. Suite aux rayons, la tumeur est toujours présente, mais se nécrose petit à petit, et selon les médecins est inactive. J’ai quand même perdu définitivement mon oreille droite, mais j’ai gardé mon neurinome.

 

          L’aventure se poursuit, mais cette fois-ci sous un jour différent, mon ange gardien s’est manifesté dernièrement pas tout à fait comme les autres fois. Une asthénie persistante depuis plusieurs années, suite à l’intrusion de ces visiteurs indésirables dans ma tête, et aussi d’une neuropathie périphérique, qui perturbe lentement mon équilibre, mon médecin traitant décide de m’envoyer à l’hôpital pour faire un bilan cardiaque.

 

          Quatre journées à l’hôpital près de chez moi, différents examens me sont proposés, que je ne vais pas énumérer en détail, l’avant-dernier jour, un cardiologue vient me chercher pour effectuer un écho-doppler du thorax,  suite à cet examen, il m’informe assez brutalement que mon Aorte est fortement dilatée probablement à cause de mon passé de fumeur, et me déclare que je suis au bord de la chirurgie. Je vais vous mettre sous anticoagulant tout de suite et vous devrez faire un examen tous les six mois, il ne me cache pas que mon état est préoccupant, je risque un éclatement de l’Aorte, ce qui vous garantit une mort presque certaine, donc surtout pas d’effort, etc. je lui demande des précisions, sur une éventuelle chirurgie, sans quitter des yeux son ordinateur, et sans même me regarder, sa seule réponse est que nous n’en sommes pas encore là.

 

          Je regagne ma chambre le moral dans les chaussettes, en imaginant ce qu’allait être dorénavant mon existence. Mais voilà que je vois apparaitre la cardiologue que j’avais vue avant de rentrer à l’hôpital, avec un large sourire elle m’invite à la suivre pour me faire cette fois-ci un écho-doppler du cœur, ne comprenant pas grand-chose à ces termes, elle me déclare que c’est différent de l’examen précédent. Elle me demande ce qui ne va pas, je lui avoue mon découragement d’après ce que son collègue a découvert, elle essaye de me réconforter en me disant que rien n’est urgent, mais je comprends sans qu’elle me le dise qu’elle est en train de vérifier le diagnostic de son confrère. Soudain elle se lève, et me dit attendez : elle revient quelques secondes plus tard accompagnée du cardiologue qui m’avez fait l’examen de l’Aorte, tous les deux ils refont cet examen et s’arrête à un endroit, ils discutent assez longuement ensemble, mais comme je suis sourd je ne comprends pas ce qu’ils se disent. Ensuite je m'appercevois qu'ils sourient, le premier m’annonce qu’il s’est trompé, qu’il a pris mon colon pour l’Aorte, et que cette dernière est parfaitement normale. Un troisième cardiologue est venu me refaire cet écho doppler pour confirmer les deux autres.

 

          Si cette cardiologue n’avait pas refait l’examen, je sortais de l’hôpital au terme de mon bilan, avec un traitement contraignant, des effets secondaires indésirables suite aux médicaments, et une surveillance accrue,  ma vie quelque peu perturbée. J’ai vu mon ange gardien pour la première fois, il avait pris la forme de cette femme cardiologue qui en plus était très jolie. 



16/07/2016
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